jeudi 8 mai 2025 à 17:15

Co-fondatrice de Pinstrap. J’aime les pixels bien placés, les mots bien sentis, et les concepts qui laissent une trace (dans la tête, pas dans l’atmosphère). Dotée d'un humour indéniablement violent, je vulgarise les sujets complexes pour que chacun, même le plus éclaté, comprenne les sujets relatifs à la com'/ marketing/ design/ tech etc. En gros je vous facilite la vie et vos projets de fac ou d'école de commerce.

On aurait pu jouer la carte du grand spectacle.
Des animations qui s'enchaînent à la scroll, des vidéos plein écran qui te murmurent « omg look how premium we are », des effets de texte dans tous les sens, des effets glossy, du storytelling émotionnel, et une vidéo drone sur fond de montagne au ralenti (non on ne vise personne ?).

Mais on a choisi autre chose.
Quand on parle de site « moche », on n’insulte pas ton designer, mais on parle plutôt d’un style qui casse les standards du beau, qui joue contre les codes graphiques du moment. Et qui, pourtant, fonctionne beaucoup mieux que prévu.
Dans le monde du design, « moche » signifie brut, direct, non stylisé, parfois même « mal foutu ».
Mais en creusant, ce que ces sites ont en commun, c’est surtout :
L’authenticité : pas de filtre, pas de marketing cosmétique.
La fonctionnalité : on comprend vite, on trouve vite, on clique vite.
Le fait qu’ils inspirent confiance : justement parce qu’ils ne semblent pas chercher à vendre à tout prix.
Ces interfaces qui ne cherchent pas à plaire plaisent plus, littéralement « suis-moi je te fuis, fuis-moi, je te suis ».
Parce qu’elles nous ramènent à quelque chose de plus basique, plus sincère, et ça, les utilisateurs le sentent, même inconsciemment.
Là où les sites trop beaux peuvent générer de la distance ou du doute (« trop marketing », « trop fake »), les sites bruts génèrent une émotion différente, aka « c’est pas joli, mais je crois ce qu’on me dit ».
Et aujourd’hui, dans un web saturé de sites qui crient « regarde comme je suis beau », ceux qui disent « regarde comme je suis utile » gagnent en silence.
Alors non, ce n’est pas de l’anti-design. C’est du design anti-flou, anti-fioriture, pro-fonction.
Chez Pinstrap, on a choisi de faire un site moche aka un site qui fonctionne. Un site utile, un site qui, dès que tu arrives dessus, te donne ce que tu es venu chercher. En somme, la définition classique de ce qu’un site devrait être. Mais d’abord pourquoi ?
Aujourd’hui, les utilisateurs ne veulent plus qu’on les épate, ils veulent des réponses, des preuves, et du temps gagné.
Ce site est une réponse, pas un décor, pas un portfolio, pas une vitrine égotripée comme on en voit trop. C’est un outil, conçu comme un raccourci.
Tu arrives, tu dis qui tu es, ce que tu veux, et on te montre ce qu’on peut faire pour toi.
Pas de détour, pas de piège. Juste la bonne info, au bon endroit.

L’idée derrière notre anti-blabla est tout simplement due au fait que nous savons comment les gens naviguent. Ils ne lisent pas tout, ils scannent. Ils ne cherchent pas une histoire. Ils cherchent une réponse.
Alors au lieu de « notre mission est de réinventer l’expérience numérique à travers une approche humaine et centrée sur la valeur perçue »… on a préféré écrire : « On adapte la tech à ton projet. Et pas l’inverse. »
Quand un prospect arrive sur un site, il ne lit pas, il scanne. Il ne réfléchit pas, il suit une logique rapide, instinctive.
Selon une étude de la Nielsen Norman Group, 79 % des utilisateurs scannent les pages web, contre seulement 16 % qui lisent mot à mot. Cette étude date à l’origine de 1997, mais ses conclusions ont été réaffirmées à plusieurs reprises, notamment dans des publications plus récentes de la NNGroup (2023).
Les utilisateurs lisent aussi :
Des mots-clés mis en évidence (les liens hypertextes constituent une forme de mise en évidence, les variations de police de caractères et la couleur en sont d'autres).
Des sous-titres significatifs (pas de sous-titres “intelligents”).
Des listes à puces (bullet points comme ici).
Une idée par paragraphe (les utilisateurs sauteront toute idée supplémentaire s'ils ne sont pas interpellés par les premiers mots du paragraphe).
Le style pyramide inversée, en commençant par la conclusion.
La moitié du nombre de mots (ou moins) par rapport à l'écriture conventionnelle.
De manière naturelle et inconsciente, le regard suit un schéma en F : une barre horizontale en haut (menu/titre), une seconde au milieu (éléments secondaires), et une colonne verticale à gauche (accroches + CTA).
En clair, ce qui ne saute pas aux yeux n'existe pas.

D’après plusieurs études, le temps moyen d’évaluation d’un site est de 3 secondes en moyenne.
C’est ce que met le cerveau à décider aka je reste ou je ferme l’onglet.
Ce micro-moment active le système 1 du cerveau (intuitif, rapide, émotionnel et demandant peu d’effort). C’est la première impression, dictée par la lisibilité, la promesse perçue, et surtout l’effort mental à fournir.
En psychologie cognitive, c’est le principe de cognitive fluency (ou « fluidité cognitive »), plus une interface semble familière, plus elle est perçue comme fiable, crédible, digne de confiance.
C’est pourquoi les sites aux structures classiques (menu top, bloc texte/image, footer clair) performent souvent mieux que ceux qui cherchent à « réinventer » l’ergonomie.
Une étude de 2002 intitulée “How Do People Evaluate a Web Site's Credibility?” a révélé que les utilisateurs accordent une importance significative à l'apparence visuelle d'un site lors de l'évaluation de sa crédibilité. Des éléments tels que la disposition, la typographie et la cohérence influencent fortement la perception de la crédibilité.
Et une majorité de personnes dit avoir déjà quitté un site « trop beau » car ils ne comprenaient pas ce qu’on leur proposait, la conclusion est donc toute faite.
La fameuse loi de Hick-Hyman du plus il y a de choix, plus la décision prend du temps (ou est abandonnée).
Un internaute lambda prend des décisions d’achat ou d’intérêt en moins de 7 secondes lorsqu’il est sur une page web. En revanche, ce n’est pas parce qu’il réfléchit vite, mais parce qu’il filtre à grande vitesse les signaux faibles (ex un bouton bien placé, une formulation limpide, un site qui répond à sa question avant même qu’il la pose).
Et puis, les pages avec moins de 3 options principales convertissent 2,3x plus que celles qui en proposent 5 ou plus.
Paragraphe d’une importance capitale, que trop peu de gens prennent en compte. Plus de 63 % du trafic des sites web provient d'appareils mobiles en 2025 et 96,3 % des internautes accèdent à l'internet à l'aide d'un téléphone portable.
Le Mercredi 5 février 2025, “We Are Social” a dévoilé le rapport annuel Digital Report, co-réalisé avec Meltwater. Ce “guide ultime de l'évolution du monde numérique” rassemble des données collectées tout au fil de l'année auprès de plusieurs sources partenaires comme GWI/ Statista/ Similarweb et data.ai.
Il y décrypte toutes les “tendances mondiales en matière de médias sociaux, d'Internet, de mobile, de jeux et de commerce électronique”, comme le détaille l'agence.
Mais le plus important est tel que le comportement mobile est plus rapide, plus impulsif, plus vertical.
Le cerveau est en « mode scroll », et lit 40 % moins de contenu que sur desktop. C’est à dire que si la version mobile de ton site ne guide pas, l'utilisateur s’enfuit. La version mobile est de ce fait la version principale sur laquelle l’utilisateur se base.
La confiance se gagne en une fraction de seconde, et se perd tout aussi vite si l’utilisateur sent qu’il doit « comprendre le site » avant de pouvoir comprendre l’offre.
→ Creusons plus profond :

Finalement, toutes les grandes études convergent sur un point essentiel, à savoir que la performance d’un site web est directement proportionnelle à sa capacité à réduire la friction cognitive.
C’est ce qui explique pourquoi des sites « moches » comme Craigslist ou Drudge Report continuent d’avoir des millions d’utilisateurs actifs, parce qu’ils répondent vite, sans détour, et avec une efficacité presque brute.
Et c’est exactement ce que nous avons voulu appliquer à notre propre site. Pas un site qui montre ce qu’on sait faire, mais plutôt un site qui te le prouve dès les 5 premières secondes.
Tu veux qu’on te conçoive un site qui parle aux cerveaux (pas aux juges d’Awwwards) ?
Tu sais très bien où cliquer fait pas genre.
On vous a dit que notre site n’était pas fait pour briller, mais pour guider.
Voici, en toute transparence, les zones les plus intelligemment structurées, selon nous (objectivement parlant évidemment), selon les standards UX/UI actuels… et selon ce que disent les vrais utilisateurs.
On commence fort et bien. Ce n’est pas un menu classique. Ce n’est pas une arborescence imposée. C’est un moteur d’intention.
« Je suis… » / « Je veux… », à savoir une double entrée pensée comme une interface de tri naturel, qui respecte la façon dont les gens pensent, pas la logique de l’entreprise, et fonctionne comme un filtre d’identité qui réduit le brouillard décisionnel pour l’utilisateur.
Psychologiquement, c’est notre meilleur déclencheur d’action. On force l’utilisateur à se positionner.

C’est simple, c’est rapide, c’est conversationnel, et surtout, c’est actionnable sans effort cognitif.
Une vraie UX de service, qui fait gagner du temps dès la première seconde. Et on en est pas peu fiers ça c’est sûr.
Ou « notre magnifique structure modulaire façon « cartes » des services par besoin » image juste en haut.
Chaque profil reçoit une sélection de services adaptés : dev web, branding, SEO… Mais là où on a bien joué, c’est dans la manière dont ces blocs sont designés, avec des points de repère cognitifs rapides, ce qui diminue la charge mentale.
Pas de sur-information, simplement des mots qui sonnent juste. Les descriptions sont utiles, les icônes lisibles, et chaque bouton est explicite (pas de « En savoir + » générique ici).
Visuellement, on efface l’effet catalogue. On n’empile pas. On oriente.
Pour cette section, on a fait en sorte de parfaitement respecter la règle des 3 :
– Compréhension immédiate
– Orientation fluide
– Action déclenchable.
Pas de longue scroll narrative, et pas de blabla à rallonge. Les sections sont courtes, ciblées, hiérarchisées (on a pas le time et vous non plus).
Chacune remplit une fonction : informer, guider, déclencher une action, et chacun de nos blocs a été interrogé « est-ce que ça aide l’utilisateur à décider plus vite ? ». Et si ce n’était pas le cas, il sautait direct.
On parle ici des petites phrases, entre les lignes, qui viennent briser le formel, exemple de « on a failli appeler ça « Nos Vibes » » ou encore « faut pas déconner non plus ».
Ces détails font bien plus que de l’humour, car ils viennent créer une connexion émotionnelle avec l’utilisateur, casser la méfiance, et installer une tonalité de proximité.
Une mécanique issue du copywriting conversationnel, validée par tous les tests d’attention sur interfaces numériques. Et ça c’est beau.
Notre design est donc volontairement direct.
On a joué avec des contrastes forts, une palette assumée, des éléments hyper lisibles.
C’est pensé pour l’action, pas pour la contemplation.
Et tu sais quoi ? Ça fonctionne.
Parce que ce qu’on appelle « moche » parfois, c’est juste un design qui arrête d’essayer de séduire pour enfin commencer à servir.
Notre site ne te demande jamais de réfléchir plus que nécessaire, et inconsciemment, toi même tu vois de quoi on parle.
On va terminer sur notre CTA en image :

Discutons de vos besoins et voyons comment nous pouvons vous accompagner dans la réalisation de vos objectifs.